Recensione Tosca Torre del Lago Puccini del 29/07/2017

Deuxième journée à Torre del Lago au festival Puccini, pour une Tosca au clair de lune

Il y a quelque chose de très pittoresque à regarder un bateau amarrer au coucher de soleil et le voir se vider de gens élégamment habillés, se rendant à l’opéra.

Au bord du lac, le théâtre de plein air dont Puccini rêvait, les attend en silence, prêt à les enchanter. Un tapis rouge étendu sur le sol, se laisse surmonter par les belles chaussures lustrées et les talons aigus, sous les yeux attentifs de la police italienne, les carabinieri, dont les uniformes élégantes ne détonent pas du reste.

Les gens prennent place dans cette salle exceptionnelle au plafond étoilé, puis les lumières s’éteignent et le chef arrive, sous les applaudissements.
Pendant que les premiers accords de l’ouverture de Tosca résonnent dans l’air, sur l’autel, au fond de la scène, trône « La mise au tombeau » de Caravaggio. La beauté puissante et tragique de ce tableau où triomphent l’expressivité et la lumière, est là pour nous rappeler que le destin des protagonistes est scellé depuis le début, tout comme celui du Christ.

On retrouve la mise en scène de 2016 d’Enrico Vanzina — connu pour sa production cinématographique divertissante — avec laquelle il a fait ses débuts au festival. Grâce à l’aide précieux de son assistant Lorenzo D’Amico, expert de Puccini, il nous a proposé une scénographie plutôt conventionnelle, mais efficace et versatile.
« Des opéras de Puccini ressort une passion pour le récit et une clarté de propos étonnantes », explique le réalisateur, « et Tosca est l’opéra la plus théâtrale en absolu : elle contient tout ce qui relie le spectacle, la scène et le public. L’intrigue a un rythme soutenu et passe de l’ironie, au drame, à l’amour ».

Une grande attention est donnée au détail, comme les drapés réfléchissant la lumière que l’on retrouve sur le tableau de Cavaradossi et sur la table à manger de Scarpia, qui font écho à ceux du tableau en arrière plan, et en général à la peinture du dix-septième.
Le réalisme violent de Caravaggio, s’adapte parfaitement aux passions qui animent cet opéra, entre l’amour charnel et passionné de Tosca et Mario, et le sadisme de Scarpia qui « goûte davantage les conquêtes difficiles que les consentements résignés » et qui « poursuit un désir jusqu’au succès, puis il le rejette ».

Le Cavaradossi de Dario Di Vietri est honnête et touchant et sa voix pleine et chaleureuse, tandis que la Tosca de He Hui remplit la scène avec ses airs de diva pétulante et la longue traine de sa robe, qui ne manque pas (avec grand réalisme) de se prendre dans les décors à plusieurs reprises. Si son italien n’est pas très intelligible, la chanteuse chinoise fait preuve d’un legato parfait et d’une grande expressivité.
Nous remarquerons enfin le sacristain de Claudio Ottino, convaincant et dynamique, sans tomber dans la caricature.

Personnage clé de l’opéra — dont on attend avec trépidation le bouleversant air « Va Tosca (Te Deum) », qui se termine par le blasphème (« Tosca, tu me fais oublier Dieu ! ») — le Scarpia d’Alberto Gazale est répulsif et fascinant à la fois. Nous suivons avec intérêt ses machinations machiavéliques, dont on admire la ruse, mais sa violence envers Mario et Tosca nous pousse enfin à nous réjouir de sa mort.

Malheureusement la mort ne sévit pas que chez les méchants : un par un, on voit tomber le courageux Cesare Angelotti, qui se suicide, Mario, qui est fusillé, et Tosca qui se jette du Château Saint-Ange, pour aller affronter Scarpia « devant Dieu lui-même ».

Avoir vécu pour l’Art n’a sauvé ni le peintre ni la chanteuse, mais la sublime expression du génie humain a certainement garanti l’immortalité à Caravaggio et à Puccini. Nous sommes donc ravis d’avoir découvert ce festival si pertinent, qui contribue à perpétuer la mémoire du grand compositeur, auprès de centaines de mélomanes de partout dans le monde.

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